Fièvre Q : l'Anses plaide pour une meilleure coordination européenne

Fièvre Q : l'Anses plaide pour une meilleure coordination européenne

L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) a publié une étude comparative sur la gestion des cas groupés de fièvre Q dans six pays européens. Les résultats, parus en mai 2026 dans la revue Clinical Microbiology and Infection Communications, révèlent une forte hétérogénéité des pratiques et appellent à une harmonisation selon l'approche « Une seule santé ».

Key facts

Quels sont les symptômes et les risques ?

La fièvre Q est une maladie bactérienne causée par Coxiella burnetii, dont les principaux réservoirs sont les ruminants domestiques, notamment les moutons et les chèvres. La transmission à l'homme se fait par voie aérienne. Chez l'animal, l'infection passe souvent inaperçue mais peut provoquer des avortements. Chez l'être humain, environ 60 % des infections sont asymptomatiques. Lorsqu'elle se manifeste, la maladie provoque le plus souvent des symptômes de type grippal. Toutefois, 1 à 5 % des personnes infectées développent des formes chroniques, comme des infections vasculaires ou cardiaques, et un syndrome de fatigue chronique peut survenir après une fièvre Q aiguë.

Pourquoi les pratiques divergent-elles autant ?

L'étude montre que les différences entre pays apparaissent dès la détection et la notification des cas humains. Les critères pour classer un cas comme confirmé ou probable, les formes de fièvre Q à notifier et les seuils déclenchant une alerte ne sont pas identiques d'un pays à l'autre. Des situations similaires peuvent donc être enregistrées différemment, ce qui complique la comparaison des données. Les auteurs soulignent la nécessité d'harmoniser la détection, la notification, les procédures diagnostiques, la recherche des sources infectieuses et la coordination entre acteurs.

Quelles recommandations pour améliorer la réponse ?

Les auteurs proposent plusieurs recommandations, dont certaines sont déjà appliquées dans certains pays. Ils suggèrent de mieux définir les rôles des différents acteurs, de disposer de procédures communes entre institutions, d'organiser des exercices de simulation et de faciliter le partage rapide et sécurisé des données entre les secteurs de la santé humaine, animale et environnementale. L'objectif est de pouvoir mobiliser rapidement une coordination « Une seule santé » pour rechercher les sources de contamination, comprendre les facteurs de risque, adapter les mesures de gestion et en suivre les effets dans le temps.

Quels sont les besoins de recherche ?

L'étude identifie également des besoins de recherche pour mieux prévenir et gérer les épisodes de fièvre Q. Il s'agit notamment de mieux distinguer une véritable source de contamination d'une simple détection de la bactérie dans l'environnement, de mieux comprendre sa dispersion dans l'air et l'influence des conditions météorologiques et du paysage, et de mieux évaluer l'efficacité des mesures mises en œuvre. « La vaccination des animaux fait partie des moyens disponibles, mais elle doit s'inscrire dans une combinaison de mesures adaptée à chaque situation », estime Elodie Rousset, cheffe de l'unité fièvre Q au Laboratoire de Sophia Antipolis de l'Anses, qui héberge le laboratoire national de référence (LNR) pour cette maladie. « L'un des enjeux est précisément de déterminer quelles mesures sont les plus efficaces selon le contexte », ajoute-t-elle.

Des cas dans des contextes inattendus

De nombreux cas de fièvre Q ont été observés chez des habitants vivant à proximité d'élevages ou chez des visiteurs de fermes, mais aussi dans des contextes plus inattendus : usine de tri des déchets, usine de machines-outils, service de transport d'animaux de compagnie ou encore grotte touristique fréquentée par des chèvres, notamment au moment des mises bas. « Chez les personnes régulièrement exposées à Coxiella burnetii, notamment certains professionnels de l'élevage, on retrouve fréquemment des anticorps, signe qu'elles ont été infectées. Pourtant, cette forte fréquence d'infection ne s'accompagne pas d'une proportion comparable de cas cliniques de fièvre Q. Ce décalage suggère que les effets d'expositions répétées sur la réponse à l'infection méritent d'être mieux compris », indique Elodie Rousset.

Vers une meilleure préparation des épisodes futurs

Les résultats de l'étude Q-net-Assess doivent alimenter les discussions européennes sur la surveillance et la gestion de la fièvre Q. L'Anses, qui héberge le laboratoire national de référence pour cette maladie, poursuit ses travaux sur la diversité génétique de la bactérie et l'amélioration de sa surveillance. Les recommandations formulées par les auteurs pourraient guider les autorités sanitaires des six pays étudiés dans l'élaboration de procédures communes et le renforcement de la coordination « Une seule santé ».

Source: Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES)

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