Embouteillage en orbite, le ciel de nos vacances est-il menacé ?

Embouteillage en orbite, le ciel de nos vacances est-il menacé ?

Embouteillage en orbite, le ciel de nos vacances est-il menacé ? Par Lou Andreas Seghier Publié le 14/10/2026 à 12h10 Suivre Le Figaro sur : Google (ouvre un nouvel onglet) Google Discover (ouvre un nouvel onglet) Google News (ouvre un nouvel onglet) Sujets Spatial transport aérien Lire dans l’app Sauvegarder un article Pour sauvegarder un article vous devez être connecté, vous pourrez ainsi les consulter sur tous vos appareils. Créer un compte Se connecter Lien copié Mail Facebook X Linkedin Messenger WhatsApp " data-modal-image-caption="Fusées usagées et satellites hors service retombent de plus en plus souvent vers la Terre. Faut-il s’en inquiéter avant de monter dans un avion ?" data-modal-image-credit="Wajid Ali - stock.adobe.com"> Fusées usagées et satellites hors service retombent de plus en plus souvent vers la Terre. Faut-il s’en inquiéter avant de monter dans un avion ? Wajid Ali - stock.adobe.com Fusées usagées et satellites hors service retombent de plus en plus souvent vers la Terre, parfois au-dessus des routes aériennes les plus empruntées par les vacanciers. Faut-il s’en inquiéter avant de monter dans un avion ? Passer la publicité Passer la publicité Publicité Au début du XXe siècle, on venait à Paris , au Grand Palais, admirer les drôles de machines volantes des pionniers de l’aviation. En septembre 2026, les rêveurs ont changé de dimension. Pendant deux jours, la France et l’ Allemagne y ont réuni quelque 2000 participants au premier Sommet international sur l’espace, à l’initiative du président de la République française, sous une verrière que le dossier de presse de l’Élysée compare volontiers à celle qui portait autrefois l’aviation naissante. Le clin d’œil est joli. Il cache pourtant une réalité plus prosaïque, car l’espace et le ciel des avions de ligne se frôlent désormais d’un peu trop près. Là-haut c’est l’heure de pointe Le passager qui somnole au-dessus de l’Atlantique n’en a pas conscience, mais bien plus haut que lui, le ciel n’a jamais été aussi encombré. En quelques années, l’orbite terrestre est devenue une autoroute ou presque. Plus de 30.000 satellites commerciaux et militaires tournent aujourd’hui autour de la Terre, et la ruée ne fait que commencer. Selon le cabinet Novaspace, 43.000 nouveaux engins devraient être lancés dans les dix ans à venir. Passer la publicité Publicité Derrière cette ruée, on trouve surtout des entreprises privées, Starlink en tête. Chaque nouvelle constellation promet internet partout et tout le temps. Malheureusement chaque engin finit un jour hors d’usage, et les vieux étages de fusées restent eux aussi en orbite, le plus souvent abandonnés par les trois grandes puissances spatiales que sont les États-Unis , la Russie et la Chine . À l’Élysée, on a pris la mesure du problème, Emmanuel Macron parle d’un « défi historique et majeur ». Il rappelle surtout que l’espace conditionne désormais « nos déplacements », autrement dit, aussi, nos voyages. Quand une fusée croise un long-courrier Et ce qui monte finit toujours par redescendre. Selon des chercheurs de l’université de la Colombie-Britannique, une centaine de tonnes de ferraille spatiale retombent chaque année dans l’atmosphère. La plupart de ces débris s’y consument comme des étoiles filantes, mais les morceaux les plus lourds ne se désintègrent pas toujours entièrement. Le hasard de leur chute n’épargne pas les régions où l’on voyage le plus. Selon la revue Scientific Reports , il y aurait chaque année un peu plus d’une chance sur quatre qu’un corps de fusée retombe au-dessus d’un ciel très fréquenté. L’Europe est concernée, tout comme la côte nord-est des États-Unis et une partie de l’Asie-Pacifique. Autant dire les routes du Paris- New York ou des escapades vers Tokyo . Les passagers peuvent toutefois boucler leur ceinture sans trembler. Les chercheurs canadiens estiment qu’un avion de ligne a une chance sur 430.000 par an d’être touché par un débris. Le danger reste minuscule. Il dessine pourtant une nouvelle frontière que les règles du transport aérien n’avaient jamais eu à prévoir. Passer la publicité Publicité Inventer un code de la route en orbite C’est précisément ce que le sommet de Paris a commencé à écrire. Il a débouché sur une déclaration qui appelle à fixer une feuille de route pour coordonner le trafic spatial, et une table ronde entière était consacrée à sa surveillance. Des mots qui auraient pu sortir d’une tour de contrôle d’aéroport. Car l’espace est déjà dans nos valises. Le compte rendu rappelle que les données venues de l’orbite servent la navigation et la mobilité, à l’image de Galileo, le système européen de positionnement par satellite. Protéger l’orbite, c’est aussi protéger les outils qui nous guident d’un bout à l’autre du monde. Reste à mettre tout le monde d’accord. Le droit de l’espace repose encore sur un traité de 1967, et la question des débris se discute à Vienne, dans un comité des Nations unies. Au temps des pionniers du Grand Palais, il avait fallu inventer des règles pour partager le ciel entre les premiers avions. Un siècle plus tard, le même chantier s’ouvre un étage plus haut.

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