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Un développeur indépendant, Brandon Thomas, a recréé sept des logiciels phares d'Adobe en versions open source, grâce à l'intelligence artificielle Claude Opus 5.5 d'Anthropic. Le projet, baptisé Artcraft, a été dévoilé début octobre sur Reddit et propose des équivalents gratuits de Photoshop, Illustrator, Premiere, Lightroom, After Effects, InDesign et Acrobat Pro.
Une suite gratuite et open source
Les sept applications, respectivement nommées Photocraft, Filmcraft et autres déclinaisons, reprennent l'interface et l'immense majorité des fonctionnalités des originaux. Elles sont distribuées sous licences MIT et Apache, ce qui permet à chacun de les réutiliser, de les modifier et, sous certaines conditions, de redistribuer les versions modifiées. À première vue, les captures d'écran publiées par Artcraft sont troublantes de ressemblance avec les logiciels d'Adobe, à tel point qu'il faut parfois regarder à deux fois pour distinguer Photocraft de Photoshop.
La méthode de la « salle blanche »
Pour parvenir à ce résultat, Brandon Thomas explique avoir utilisé Claude Opus 5.5 afin de produire ce qu'il présente comme des équivalents « en salle blanche » des logiciels d'Adobe. La méthode s'apparente à une forme de rétro-ingénierie, une pratique qui nécessitait jusqu'ici beaucoup de temps et de main-d'œuvre. Avec l'aide de l'IA, un développeur seul peut désormais s'attaquer à des logiciels qui ont demandé des années de travail à des équipes entières. Brandon Thomas dit avoir lancé ce projet après avoir été « trop souvent victime des pratiques douteuses liées aux frais d'annulation » d'Adobe.
Un modèle économique sans abonnement
C'est surtout le modèle économique qui distingue Artcraft d'Adobe. Alors que l'éditeur américain commercialise sa suite Creative Cloud sous forme d'abonnement, les sept applications d'Artcraft sont proposées gratuitement. Pour financer leur développement, Brandon Thomas mise sur la génération d'images : les applications intègrent le modèle d'IA visuelle d'Artcraft, aux côtés de modèles tiers, et l'accès à ce modèle se paie en tokens. Le développeur assure que cette source de revenus évitera que ses logiciels deviennent un petit projet abandonné, et précise que son équipe développe déjà des outils pour les cinéastes, ce qui lui permettrait de financer entièrement la suite.
Un état alpha très précoce
Reste à savoir si ces clones tiendront leurs promesses. Brandon Thomas lui-même qualifie l'état actuel de son projet d'alpha très précoce, et de nombreux commentateurs sur Hacker News ont listé les fonctions manquantes et les bugs. Le développeur compte sur ces signalements de la communauté pour corriger rapidement ses applications, avec un objectif ambitieux : reproduire l'intégralité des fonctionnalités des logiciels d'Adobe. Adobe n'a pour le moment pas réagi aux travaux de Brandon Thomas.
Vers une « SaaSpocalypse » ?
Le discours de Brandon Thomas dépasse largement le cadre d'Adobe. Il proclame que « le logiciel est fini » et imagine un avenir proche où les développeurs reproduiraient eux-mêmes Google Search, leurs propres smartphones ou leurs infrastructures, pour débarrasser la tech de ses publicités et de ses dérives. Des déclarations enthousiastes, qui s'inscrivent toutefois dans une tendance bien réelle et donnent du crédit à ceux qui annoncent une « SaaSpocalypse », c'est-à-dire la fin des logiciels vendus sous forme d'abonnement, devenus trop faciles à reproduire à l'ère de l'IA. Chez Humanoid, l'éditeur de Numerama, on en fait aussi l'expérience avec des outils d'analyse de trafic. De là à dire que le SaaS est mort, il y a un pas qu'il est encore trop tôt pour franchir, mais une chose est sûre, il est devenu beaucoup plus facile à imiter.
— La jeune entreprise a levé des fonds pour accélérer son déploiement.
— Star Wars: Galactic Racer, le jeu de course de Fuse Games, amuse les fans avec une réplique de Sebulba sur Anakin Skywalker. Le titre cartonne sur Steam avec 18