Carrie en série : Mike Flanagan revisite le mythe sur Prime Video

Carrie en série : Mike Flanagan revisite le mythe sur Prime Video

Cinquante ans après le film culte de Brian De Palma, adapté du roman de Stephen King, Mike Flanagan propose sa propre vision de Carrie. La série, composée de huit épisodes, sera disponible le 7 octobre sur Prime Video. Elle met en scène une adolescente victime d'humiliations et de cruauté dans un lycée américain contemporain, tout en explorant la montée de la rage féminine et les conséquences des actions des personnages.

Une relecture contemporaine

L'histoire reste fidèle à l'original : Carrie, élevée dans l'ignorance et la culpabilité par une mère fondamentaliste chrétienne, est persécutée par ses camarades. Le jour du bal de promo, elle subit la pire des humiliations lorsque le fameux seau de sang de porc s'abat sur elle. Elle laisse alors ses pouvoirs télékinésiques engloutir son lycée et toute la ville. Mais la série apporte des changements notables. Carrie, incarnée par Summer H. Howell, a passé sa scolarité recluse chez elle avec sa mère. La mort de son père, ouvrier, oblige Margaret White à inscrire sa fille au lycée de la ville si elle veut en conserver la garde. Le format sériel permet d'installer une ambiance de teen drama anxiogène et réaliste, dépeignant un lycée américain avec détecteur de métal à l'entrée, hanté par les tueries de masse comme Columbine.

Des personnages secondaires étoffés

La série étoffe les personnages secondaires et explore les dynamiques familiales, notamment la relation complexe entre Carrie et sa mère, tout en évitant de diaboliser les adolescents. Mike Flanagan, connu pour ses œuvres d'horreur psychologique telles que The Haunting of Hill House ou Sermons de minuit, signe ici une adaptation moderne qui se concentre sur la montée de la rage féminine et les conséquences des actions des personnages. Malgré une scène de bal moins intense qu'attendue, la série réussit à captiver.

Un matériau de base alléchant

L'idée d'étendre la mythologie de Carrie pour en faire une série n'avait encore jamais été testée. Le roman de Stephen King, puissant et court (un peu plus de 200 pages), grouillant de pistes narratives et de personnages esquissés, constitue un matériau de base pour le moins alléchant. En dépit des adaptations oubliables qui ont suivi le chef-d'œuvre de Brian De Palma (Carrie 2 en 1999, le téléfilm Carrie en 2002 et Carrie : La Vengeance en 2013), on n'est pas si étonnés de voir Mike Flanagan tenter à son tour d'apporter du sang neuf à cette métaphore parfaite de l'adolescence au féminin.

Un mythe toujours d'actualité

Née de l'imagination de Stephen King en 1974, immortalisée sur grand écran en 1976 dans Carrie au bal du diable, Carrie a fêté ses cinquante ans il y a peu. Son histoire résonne encore aujourd'hui avec une grande contemporanéité. La série, qui compte huit épisodes, dont quatre réalisés par Mike Flanagan lui-même, s'inscrit dans cette actualité en abordant des thèmes tels que le harcèlement scolaire, la violence et la rage adolescente. Elle est disponible sur Prime Video depuis le 7 octobre.

Avec cette nouvelle adaptation, Mike Flanagan confirme son statut de maître de l'horreur psychologique moderne. Reste à voir si cette version sérielle parviendra à faire oublier le film culte de Brian De Palma, ou si elle s'imposera comme une œuvre complémentaire, offrant un regard neuf sur un classique de la littérature et du cinéma.

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