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Google a lancé mondialement Gemini 4 Argon, son nouveau modèle d'intelligence artificielle haut de gamme, le 13 octobre 2026, moins de deux semaines après l'avoir présenté le 30 septembre. Ce déploiement intervient alors que le géant technologique cherche à reprendre l'avantage face à OpenAI et Anthropic, qui l'ont distancé depuis le printemps 2026.
Un déploiement mondial
Le modèle est désormais accessible aux développeurs et aux entreprises via l'API Gemini et les offres Gemini Enterprise éligibles. Côté grand public, les abonnés Google AI Pro et Ultra peuvent l'utiliser dans l'application Gemini et le mode IA de Google Search. Son intégration à Google Antigravity, l'outil de développement assisté par IA, est en revanche réservée aux abonnés Ultra.
Lors de sa présentation, Google affirmait que Gemini 4 Argon surpassait GPT-6 Astra d'OpenAI et Claude Fable 5 d'Anthropic dans les benchmarks. Désormais, l'entreprise met en avant des résultats plus concrets, obtenus en interne et auprès de clients privilégiés. L'enjeu est important pour Google, qui avait promis l'arrivée de Gemini 3.5 Pro en mai, mais ce modèle n'a jamais vu le jour, sur fond de rumeurs évoquant des performances décevantes. Depuis, Google avait multiplié les versions intermédiaires, jusqu'à Gemini 3.8 Flash, lancé début septembre, sans proposer de véritable successeur à sa gamme Pro.
Performances en développement logiciel
Gemini 4 Argon cible notamment les tâches longues et complexes, qui nécessitent d'enchaîner plusieurs étapes, dans des domaines comme le développement logiciel, la finance, le droit, la cybersécurité ou encore la recherche scientifique. C'est au sein de Google Antigravity, l'outil de développement où des agents d'IA écrivent et suggèrent du code, qu'Argon s'est d'abord illustré. D'après l'entreprise, les soumissions de code générées par ces agents ont bondi de plus de 35 % ces dernières semaines dans ses propres équipes, tandis que les retours en arrière (le code annulé car défectueux) ont chuté de près d'un tiers.
Google cite notamment le cas de l'équipe Chrome. Chromium, la base open source du navigateur, compte pas moins de 40 millions de lignes de code. Argon a aidé les ingénieurs à extraire la gestion centrale des pages web d'un vieux dossier fourre-tout d'environ 6 millions de lignes. Résultat : plusieurs mois de travail auraient été abattus en l'espace de quelques semaines seulement, selon l'entreprise. Si ces chiffres — mesurés par Google sur ses propres équipes — sont flatteurs, la concurrence reste rude. OpenAI et Anthropic disposent déjà de leurs propres agents de programmation (Codex et Claude Code), des outils solidement implantés auprès des développeurs et des entreprises.
Des partenaires prestigieux
Avant cette ouverture générale, Google a éprouvé Argon auprès de quelques partenaires en accès anticipé. Parmi eux : le cabinet Deloitte, l'éditeur juridique LexisNexis, la start-up médicale Ambience Healthcare ou encore Isomorphic Labs, la filiale d'Alphabet dédiée à la découverte de médicaments. Leurs cas d'usage couvrent la synthèse documentaire, le raisonnement sur de vastes bases de code, ou encore l'analyse de données longitudinales, comme le suivi d'un dossier patient sur plusieurs années.
En cybersécurité, l'entreprise Wiz a intégré le modèle à son initiative « Scan for Good ». En corrélant des bugs complexes pour neutraliser des failles critiques, Argon aurait permis de protéger des centaines de milliers de dossiers médicaux confidentiels. Un succès qui a incité Google à ouvrir son programme de cyberdéfense (Fairwind Program) à des centaines de nouveaux acteurs. Comme pour les autres modèles du marché, ces performances impressionnantes restent toutefois à nuancer : les chiffres avancés proviennent de Google lui-même.
Un tarif attractif mais temporaire
L'entreprise dispose néanmoins d'un argument de poids : son tarif. À 2 dollars par million de tokens en entrée et 10 dollars en sortie, Argon coûte cinq fois moins cher que GPT-6 Astra (OpenAI) et Claude Fable 5.1 (Anthropic), et deux fois moins que Claude Opus 5.5. Mais cet avantage est temporaire : dès le 1er décembre 2026, les prix passeront à 4 et 20 dollars, soit le même niveau que Claude Opus 5.5.
Enfin, une question demeure : ce modèle signe-t-il la fin de la gamme « Pro » de Google ? Le déploiement de Gemini 4 Argon intervient dans un contexte de concurrence intense dans le secteur de l'IA, où les acteurs cherchent à la fois à améliorer les performances et à réduire les coûts pour séduire les entreprises et les développeurs. Pour les utilisateurs français, cette avancée pourrait se traduire par des outils plus performants dans l'application Gemini et Google Search, mais aussi par une pression accrue sur les prix des services d'IA. Google n'a pas encore précisé si d'autres modèles suivraient ou si Argon marquait un changement de stratégie durable.
— La jeune entreprise a levé des fonds pour accélérer son déploiement.
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