« Meme coin » devient « cyberjeton mème » dans le Journal officiel

« Meme coin » devient « cyberjeton mème » dans le Journal officiel

Le Journal officiel du mardi 29 septembre 2026 a officialisé la traduction française de « meme coin » : « jeton mème », ou « cyberjeton mème » dans sa forme longue. Cette décision, publiée dans une nouvelle liste de termes d'économie et de finance, s'impose aux administrations de l'État, qui devront désormais utiliser ce vocabulaire dans leurs écrits et prises de parole.

Une définition officielle

Selon FranceTerme, un cyberjeton est un jeton de cryptomonnaie dont le nom s'appuie sur un élément culturel devenu viral sur Internet et dont la promotion exploite ce ressort. Le Dogecoin, né d'un mème montrant un chien de race shiba inu, a été le premier du genre. Le jeton peut également porter le nom d'une personne réelle ou d'un personnage de fiction.

La fiche officielle ne se contente pas de traduire : elle met en garde contre les risques. Le texte précise que les jetons mèmes « se prêtent particulièrement aux escroqueries aux cyberjetons ». Cette mise en garde intervient alors que ces actifs ont été à l'origine de pertes importantes pour de nombreux investisseurs.

Un précédent retentissant

L'exemple le plus marquant reste le jeton $TRUMP, lancé le 17 janvier 2025, trois jours avant la deuxième investiture de Donald Trump. Selon une analyse de Chainalysis, société spécialisée dans l'analyse des transactions en cryptomonnaies, citée par le New York Times, 813 294 portefeuilles ont perdu de l'argent avec ce jeton en seulement 19 jours, pour un total d'environ 2 milliards de dollars (environ 1,8 milliard d'euros).

Ce cas illustre les dangers soulignés par la fiche FranceTerme. Les jetons mèmes, souvent dépourvus de valeur intrinsèque, reposent sur un engouement viral qui peut s'effondrer rapidement, laissant les investisseurs particuliers avec des pertes sèches.

D'autres anglicismes francisés

La même liste du Journal officiel francise d'autres termes économiques. Les fonds evergreen deviennent des « fonds perpétuels », le NPS (Net Promoter Score) devient l'« indicateur net de recommandation », et le no-show d'un client qui ne vient pas se dit désormais « non-présentation » ou « faux bond ».

Pour les particuliers, les associations et les sociétés privées, l'usage de ces termes reste une recommandation de la commission d'enrichissement de la langue française, qui fournit des équivalents français aux mots anglais entrés dans l'usage. Mais pour les administrations, il s'agit d'une obligation.

Un enjeu de protection des consommateurs

Cette officialisation intervient dans un contexte où les cryptomonnaies attirent un nombre croissant d'épargnants, parfois peu avertis. En France, l'Autorité des marchés financiers (AMF) met régulièrement en garde contre les risques de fraude et de volatilité extrême liés à ces actifs. La traduction officielle pourrait faciliter la communication des pouvoirs publics et sensibiliser le grand public aux dangers spécifiques des jetons mèmes.

Le choix du terme « cyberjeton mème » s'inscrit dans une longue tradition française de francisation des termes technologiques, comme « courriel » pour e-mail ou « logiciel » pour software. Reste à voir si cette appellation s'imposera dans le langage courant, alors que le mot « meme coin » continue d'être largement utilisé dans les médias et sur les réseaux sociaux.

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