Recharge électrique : E.Leclerc et Lidl se livrent une guerre des centimes

Recharge électrique : E.Leclerc et Lidl se livrent une guerre des centimes

Une bataille tarifaire inédite agite les parkings de la grande distribution française. Lidl a abaissé le tarif de ses bornes de recharge AC 22 kW à 0,18 €/kWh, avant qu'E.Leclerc ne riposte en affichant 0,17 €/kWh sur ses propres bornes, reprenant ainsi la première place sur les comparateurs. Un duel au centime près qui, au-delà de l'affichage marketing, pose la question de l'intérêt réel pour les automobilistes électriques.

Un duel au centime près

Mi-septembre, l'enseigne allemande Lidl a créé la surprise en réduisant le tarif de ses bornes en courant alternatif (AC) jusqu'à 22 kW, le faisant passer de 0,29 € à 0,18 €/kWh via son application Lidl Plus. Une baisse spectaculaire de près de 38 % qui plaçait immédiatement le discounteur en tête des réseaux les plus compétitifs de l'Hexagone.

La réplique d'E.Leclerc n'a pas tardé. Via son application Charge E-Lec et sa carte de fidélité, l'enseigne d'hypermarchés a réajusté sa grille tarifaire pour afficher 0,17 €/kWh sur ses bornes 22 kW, et ce dès le 5 octobre 2026. Un centime de moins, tout juste, pour reprendre officiellement la couronne de la recharge la plus abordable du pays.

Un gain limité pour l'automobiliste

Si l'annonce fait les gros titres, la réalité économique pour l'automobiliste branché sur le parking est nettement plus modeste. Sur une batterie de 50 kWh, équivalente à celle d'une Renault 5 ou d'une Peugeot e-208, la facture s'élève à 9,00 € chez Lidl (0,18 €/kWh) contre 8,50 € chez E.Leclerc (0,17 €/kWh). L'économie maximale réalisée en traversant la rue pour changer d'enseigne est donc de 50 centimes d'euro sur une recharge complète.

Cette offre s'adresse avant tout aux clients qui n'ont pas la possibilité de recharger leur véhicule à domicile. Mais elle reste conditionnée à la capacité du véhicule à accepter une charge AC jusqu'à 22 kW, une caractéristique présente sur plusieurs modèles Renault et plus rarement proposée en option chez des marques étrangères. Les automobilistes limités à 11 kW, ou moins, ne profiteront que partiellement de ces tarifs.

Des bornes lentes, un coup marketing

Le véritable angle mort de cette guerre des prix réside dans la vitesse de charge. Les tarifs promotionnels affichés par les deux géants de la distribution concernent uniquement les bornes lentes ou semi-rapides plafonnées à 22 kW, et non les bornes rapides en courant continu (DC). C'est un bon début, mais c'est insuffisant pour beaucoup de clients qui privilégient des bornes plus rapides, notamment s'ils n'ont pas de chargeur à domicile.

Ces bornes lentes ont en outre tendance à attirer des voitures ventouses, laissées par leur propriétaire toute la journée pendant qu'il travaille à proximité. Un phénomène qui limite la rotation et l'intérêt réel du service pour l'ensemble des usagers.

Un enjeu de pouvoir d'achat

Sur le marché de la grande distribution, la bataille du pouvoir d'achat ne se joue plus seulement sur la boîte de conserve ou le paquet de pâtes, mais aussi sur le parking. Alors que l'essence reste chère et que les automobilistes bifurquent en masse vers l'électrique, afficher « la recharge la moins chère de France » est devenu le nouveau Graal marketing des enseignes. En l'espace de deux semaines, Lidl et E.Leclerc se sont engagés dans un duel au sommet à coups de centimes d'euro, avec un seul objectif : claironner la première place sur les comparateurs.

Michel-Édouard Leclerc a depuis février accéléré la communication autour de la recharge « la moins chère de France », mais la réalité sur les parkings du supermarché n'était pas forcément aussi spectaculaire qu'annoncée. Début juillet, l'enseigne avait annoncé une recharge électrique à 0,19 €/kWh sur les bornes lentes, un tarif déjà réellement intéressant pour ceux qui n'ont pas de solution de recharge à domicile.

Un tarif inférieur au réglementé

Ne boudons pas notre plaisir : payer une recharge à 0,17 € ou 0,18 € le kWh sur un parking de supermarché reste une bonne affaire, à un tarif inférieur au tarif réglementé d'EDF à la maison, hors offres Tempo ou heures creuses. Pour les automobilistes qui font leurs courses plusieurs fois par semaine, l'écart peut devenir substantiel à l'échelle d'une année.

Reste que cette guerre des centimes illustre surtout la stratégie des enseignes pour drainer du trafic en magasin. Les bornes AC, plus faciles à déployer, ne remplacent pas les bornes rapides DC, indispensables aux longs trajets. La vraie bataille de la recharge rapide, elle, reste encore largement à livrer.

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