Sophie Adenot de retour sur Terre : un protocole médical minutieux avant de reprendre se…

Sophie Adenot de retour sur Terre : un protocole médical minutieux avant de reprendre se…

L'astronaute française Sophie Adenot a achevé son voyage spatial ce jeudi 8 octobre, avec un amerrissage au large de la Californie. Mais pour la scientifique, le retour sur Terre ne marque pas la fin de la mission Epsilon : les prochaines semaines s'annoncent chargées, entre examens médicaux, réadaptation physique et poursuite des travaux scientifiques entamés à bord de la Station spatiale internationale (ISS).

Une phase critique pour la santé

Dès sa sortie de la capsule, Sophie Adenot a été soumise à de premiers examens médicaux rapides. Elle doit ensuite effectuer un passage éclair par le centre de la Nasa à Houston, au Texas, avant de prendre un vol dédié vers Cologne, en Allemagne, où l'Agence spatiale européenne (ESA) l'attend ce vendredi 9 octobre. Ce retour rapide au Centre européen des astronautes répond à une exigence scientifique précise, comme l'explique l'ESA : « Un retour direct à Cologne permet à l'ESA de mieux maîtriser les conditions entourant l'astronaute durant cette phase critique, afin de protéger sa santé tout en garantissant l'intégrité des investigations scientifiques menées après le vol. »

Pour les chercheurs, les premiers jours suivant le retour sont en effet les plus précieux. Après près de huit mois passés sans pesanteur, les effets de l'apesanteur se font encore nettement sentir dans le corps de l'astronaute. Sophie Adenot a d'ailleurs du mal à se déplacer : après tout ce temps sans ressentir son propre poids, le moindre mouvement lui demande un effort considérable.

Des tests physiologiques sans attendre

Ces effets ne concernent pas seulement la mobilité. Ils touchent aussi l'intérieur du corps, du cœur à l'équilibre, et les chercheurs multiplient les tests pour mieux les comprendre. Si le corps met du temps à s'adapter à l'apesanteur, il retrouve en revanche rapidement une partie de ses repères une fois de retour sur Terre, notamment pour l'équilibre et la circulation sanguine. D'où l'intérêt de réaliser ces examens sans délai. Les os, eux, mettent beaucoup plus longtemps à se reconstruire.

Durant ces premiers instants, Sophie Adenot est également ménagée. Outre la fatigue physique et musculaire, son organisme reste plus vulnérable aux infections après des mois passés dans un environnement clos et très surveillé. Hormis ses proches, elle n'est donc en contact qu'avec un nombre très limité de personnes, afin d'éviter toute contamination.

Les expériences du CNES se poursuivent

Au cours de son séjour dans l'ISS, Sophie Adenot a pris part à de nombreuses expériences physiologiques destinées à comprendre comment le corps humain réagit dans l'espace. C'est notamment le cas de PhysioTool, une expérience conçue par le CNES : des capteurs portés à la ceinture assurent un suivi physiologique complet de l'astronaute pendant ses tâches quotidiennes à bord. Au fil de plusieurs sessions, ces capteurs ont mesuré sa tension artérielle, sa fréquence cardiaque et sa fréquence respiratoire, mais aussi l'oxygénation de ses muscles et de son cerveau.

Ces données ont été récupérées au sol par le Cadmos, le centre du CNES qui a piloté depuis Toulouse une trentaine d'expériences pendant la mission, dont sept conçues spécialement pour Epsilon. D'autres examens auront lieu dans les prochaines semaines pour observer comment l'organisme se réhabitue aux conditions terrestres.

Partager les leçons du séjour spatial

Au-delà de ces examens médicaux, les astronautes font le point avec les ingénieurs, les experts médicaux et les équipes de mission, afin de partager leurs observations et les enseignements tirés de leur séjour. L'ESA résume ainsi cette étape : « Après leur retour sur Terre et l'achèvement de la phase post-vol immédiate, les astronautes continuent de contribuer à la recherche scientifique et partagent leur expérience avec les élèves, les chercheurs, les décideurs et le grand public à travers des activités éducatives, de sensibilisation et de communication. »

La mission Epsilon, entamée il y a près de huit mois, n'est donc pas terminée. Même une fois au sol, Sophie Adenot poursuit son engagement scientifique, avec pour objectif de faire avancer la connaissance des effets de l'espace sur le corps humain. Une contribution d'autant plus précieuse que ces données serviront à préparer les futures missions habitées de longue durée, notamment vers la Lune ou Mars. Pour la France, ce retour représente aussi une visibilité importante pour le CNES et la recherche spatiale européenne, à l'heure où les vols habités connaissent un regain d'intérêt. Les semaines à venir s'annoncent donc studieuse et scientifique pour l'astronaute française, bien loin d'une simple période de repos.

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