One Health : l'Anses dévoile un référentiel pour intégrer la santé globale au quotidien

One Health : l'Anses dévoile un référentiel pour intégrer la santé globale au quotidien

L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), l'Association française de normalisation (Afnor) et le Commissariat général au développement durable (CGDD) ont présenté en octobre la première spécification Afnor consacrée à l'approche « Une seule santé » (One Health). Fruit d'un an de travaux menés avec 33 organisations volontaires, ce référentiel propose des lignes directrices pour intégrer les enjeux de santé humaine, animale, végétale et environnementale dans les activités de tout type d'organisation. Les faits clés

Pourquoi un tel outil a-t-il été créé ?

Selon l'Anses, les activités humaines transforment les écosystèmes et les équilibres environnementaux, avec des répercussions sur la santé humaine, animale, végétale et sur celle des milieux. Ces interactions imposent une lecture globale du vivant. Or l'approche One Health reste souvent perçue comme un concept réservé aux experts ou aux décideurs publics, alors même que de nombreuses initiatives s'en réclament sans toujours partager la même compréhension.

« Notre ambition, avec cette SPEC, est de rendre l'approche Une seule santé - One Health plus accessible et surtout plus opérationnelle », explique Matthieu Schuler, directeur général délégué en charge du pôle sciences pour l'expertise de l'Anses. Il précise que l'objectif n'est pas d'imposer de nouvelles contraintes, mais d'aider les acteurs publics, économiques, territoriaux et associatifs à s'approprier la démarche. Comment le référentiel a-t-il été élaboré ?

Anne-Françoise Berthon, chargée de mission One Health à l'Anses, rappelle que les politiques publiques françaises se sont emparées du sujet ces dernières années, dans plusieurs cadres avec lesquels l'Agence interagit déjà. L'Anses coordonne notamment le groupe de travail inter-agences « une seule santé » et participe à la formation des auditeurs du cycle des hautes études Une Seule Santé de l'Institut One Health. L'Agence est aussi en lien avec de nombreux acteurs publics, scientifiques, collectivités et représentants du monde économique et de la société civile.

Faute d'initiative de standardisation existante, l'Anses a proposé de lancer une réflexion nationale conjointe entre secteur privé et acteurs publics, avec l'appui de l'Afnor. Les Comités d'orientation stratégique des filières (agriculture et alimentation, santé et travail, environnement et eau, performance durable des organisations, numérique) et le Comité de coordination et de pilotage de la normalisation ont accueilli favorablement la démarche, et l'Anses a été invitée à la piloter. Que contient concrètement le référentiel ?

Le groupe de travail a retenu l'outil « SPEC », plus rapidement disponible qu'une norme, afin de permettre aux organisations de se lancer sans attendre. Le référentiel fournit des clés de compréhension, des exemples concrets et des pistes d'action. Il invite chaque structure à s'interroger sur les impacts de son activité sur les santés à son échelle, sur la manière de les mesurer, de les prévenir et de les limiter.

Sylvie Loisel, cheffe de projet en appui à l'expertise à l'Anses, et ses collègues soulignent que la démarche favorise une approche systémique et constitue aussi un levier d'innovation. L'outil se veut utilisable par une organisation de toute taille, quel que soit son secteur. Quelles suites sont envisagées ?

L'Anses inscrit cette initiative dans la continuité de son expérience de la normalisation, notamment la norme NF X50-110 sur la qualité de l'expertise. L'Agence voit dans ce référentiel un premier pas vers une norme internationale ISO, destinée à proposer un cadre de référence partagé à l'échelle mondiale. La démarche s'appuie également sur le transfert, depuis le CGDD vers l'Anses, de la coordination de Green Data for Health (GD4H), destiné à mieux structurer et valoriser les données au service de l'approche One Health.

Pour les organisations françaises, l'enjeu consiste désormais à s'approprier cet outil volontaire, sans obligation réglementaire nouvelle. L'Anses doit par ailleurs poursuivre son implication dans les réseaux internationaux qui se structurent sur le sujet, notamment le One Health Summit prévu en avril 2026.

Source: Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES)

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